Davy Tissot, meilleur cuisinier du monde ?

Le chef lyonnais Davy Tissot remportait, le 16 octobre, le prix du meilleur plateau lors du Bocuse d’Or Europre à Talinn, qualifiant la France pour l’étape finale à Lyon. Rencontre avec le chef lyonnais du restaurant gastronomique Saisons à Ecully.

 

En 2004, vous avez obtenu le titre de Meilleur ouvrier de France –MOF-. N’était-ce pas suffisant ?
Cette distinction, je l’ai reçue il y a déjà quelques années, à l’âge de 30 ans. J’avais besoin de relever un nouveau challenge. C’est important de se donner des défis en participant à des concours. Ça permet de se poser des questions, de ne pas se regarder le nombril en se disant “tu es le meilleur !”.

C’est la première fois qu’un MOF se présente à cette compétition. Le col tricolore est-il un atout ou un handicap dans la compétition ?
En tant que Meilleur ouvrier de France, j’ai moins le droit à l’erreur. Je ne dirai pas que c’est un handicap, il est tout à fait normal que je sois jugé plus sévèrement. Être MOF c’est être enfermé dans un ADN, celui de la cuisine gastronomique à la française. C’est peut-être ce grain de folie qui peut me faire défaut… Aujourd’hui mon terrain de jeu n’est pas la France, mais le monde. Je dois faire face à un jury international aux palais bien distincts.

En Septembre 2019, après avoir remporté les premières sélections, vous avez remercié Paul Bocuse. Vous lui devez beaucoup ? 
J’aurai dû faire carrière dans le sport, mais une blessure m’a contraint à m’arrêter. Il m’a alors fallu choisir un nouveau métier. D’où mon attrait dans la cuisine : j’y ai retrouvé cet aspect “compétition”. Avant d’être chef, je voulais être MOF. Ce col tricolore que je porte depuis l’âge de 30 ans je le dois à Paul Bocuse. C’est lui qui m’a poussé, encouragé. Remporter ce Bocuse d’or et le ramener à Lyon serait une manière de lui dire merci…

 

© Augustin Bayle

« Rapporter le Bocuse d’or à Lyon serait une manière de remercier Monsieur Paul »
Davy Tissot.

 

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