Sport : faut-il transpirer pour être heureux.se ?

S’il est bon pour la santé, le sport l’est aussi pour le moral. Au point d’avoir séduit les Lyonnais.es pendant le confinement. Pour comprendre ses mécanismes et faire les bons choix (sportifs), Vivre Lyon a rencontré le Docteur Thibaut Vincent. 

Pourquoi le sport rend-il heureux ?
Il s’agit d’une alchimie quantique. La pratique sportive nous pousse à nous concentrer et donc à être dans le présent en faisant abstraction du passé et du futur. C’est cette concentration qui mène à un état de bien-être à court terme. Pour cela il faut pratiquer un sport que l’on aime. Vous ne vous détendrez qu’en prenant du plaisir. Si ce sport devient régulier, votre physique va se mettre à changer. Cette évolution amène une certaine satisfaction qui nous pousse à changer notre vision des choses. On va se mettre à modifier notre mode de vie et nos comportements alimentaires par rapport à son activité physique. Pas nécessairement dans un souci de perte de poids, mais pour être plus efficace physiquement, moins lourd.

Est-ce que l’intensité de la pratique est un critère essentiel à ce chemin vers le bien-être ?
Plus l’intensité est forte plus vous « videz » votre corps. Le corps humain en dégage évidemment des bénéfices en termes de bien-être corporel. L’intensité va amener à une sensation de bonheur graduelle. En dépassant nos limites nous nous dépassons nous-même. Il y a une marge de progression entre ce que l’on peut faire et ce que l’on croyait vouloir faire. La pratique sportive mène à une réflexion sur sa vie et sur soi, une introspection en somme. Son adversaire c’est soi-même. 

Le saviez-vous ? Selon une étude menée par les chercheurs des universités d’Oxford et de Yale auprès de 11 237 194 Américains âgés de 18 ans et plus, entre 2011 et 2015, les personnes inactives souffriraient 53 jours par an de stress, dépression ou problèmes émotionnel. Contre 35 jours pour celles pratiquant du régulièrement. Soit 18 jours en moins à vivre le moral dans les chaussettes.

Lorsqu’il devient addictif, le sport est-il dangereux pour la santé ? 
Le sport libère des endorphines qui amènent au bien-être. Plus la pratique est intense, plus on secrète des endorphines, plus le bien-être s’installe. On oublie alors la douleur et la souffrance via ces endorphines qui nous soulagent. Plus on en fait, plus on est accro. On parle d’addiction lorsqu’il y a un manque. Il faut écouter son corps pour ne pas en faire trop et éviter le risque surentrainement qui amène à un état de fatigue physique et mentale et à un risque de blessures engendrant un arrêt de plusieurs semaines. La boule négative se met alors en place car on se déprécie. Une pratique sportive à hauteur de trois sessions hebdomadaires est idéale.

Early bird, Miracle morning… ces tendances au sport au saut du lit sont-elles à privilégier ? 
Il s’agit plutôt d’une question de praticité. La plupart de ceux qui pratiquent un sport travaillent. En toute logique, ils ne pourront pratiquer un sport qu’en dehors de leurs horaires professionnels. Cela étant dit, il est vrai qu’une pratique matinale est psychologiquement bénéfique car on démarre ainsi sa journée mieux dans sa peau. « J’ai fait du sport donc je me sens bien. »

 

Le sport est-il le seul moyen de doper ses hormones du bonheur ?  
Il n’y a pas que le sport dans la vie. Lire, manger un bon repas… Le bonheur peut se trouver un peu partout. La notion de présent a encore une fois toute son importance. Les gens s’angoissent car ils se projettent dans le futur sans penser au présent. Se déstresser amène un bien-être immédiat. Vous êtes au musée, vous êtes dans le présent. Il faut savoir accueillir ce moment.

Le saviez-vous ?  Depuis le décret du 1er décembre 2017, les médecins peuvent prescrire du sport aux patients. La pratique sportive peut alors être uniquement pour des patients souffrant d’une affection longue durée – parmi une liste de 30 pathologies- comme : les accidents vasculaires cérébraux handicapants, les maladies coronaires, les tumeurs, la tuberculose, etc. Si le sport sur ordonnance est aujourd’hui remboursé par certaines mutuelles et complémentaires santé, l'Association nationale des élus en charge du sport estime à 10 milliards d'euros (Mds€) l'économie pour la Sécurité Sociale.

 

 

 

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